Le suivi hydrobiologique des cours d'eau

Le Syndicat mixte du SAGE lance une campagne de suivi hydrobiologique sur l’ensemble des cours d’eau de son territoire à partir de fin septembre-début octobre.

Pourquoi faire des mesures hydrobiologiques ?

L’état des eaux de surface est déterminé selon des critères définis par la Directive Cadre Européenne sur l’eau (cf. Le suivi qualitatif des eaux superficielles). Cette Directive impose le bon état écologique. Le bon état biologique est l’un des critères faisant partie du bon état écologique. Il est donc nécessaire de réaliser des mesures régulières afin d’évaluer l’état biologique des eaux de surface. L’étude de la qualité biologique renseigne également sur la qualité de l’eau puisque certains organismes aquatiques sont sensibles aux modifications physico-chimiques de leur environnement.

Quels sont les paramètres étudiés ?

Les paramètres étudiés sur le bassin versant Cailly-Aubette-Robec sont l’Indice Biologique Diatomées (IBD), l’Indice Poisson Rivière (IPR) et l’Indice Invertébrés Multimétriques (I2M2).

L’Indice Biologique Diatomées renseigne sur la pollution organique ou la variation des nutriments. Les diatomées sont des algues unicellulaires de quelques microns de diamètres vivant librement dans l’eau ou sont fixées sur les rochers ou végétaux. Leur sensibilité aux pollutions organiques et aux variations des nutriments les rendent utile pour détecter tout changement de la qualité de l’eau.

Source : DRIEE Ile-de-France

Les diatomées sont prélevées sur des surfaces de végétaux ou de rochers immergés puis observées au microscope afin de faire l’inventaire (nombre et espèces). En fonction du nombre et des espèces identifiées, une note de 0 à 20 est obtenue. Plus l’indice est élevé, plus la qualité biologique de l’eau est meilleure.

L’Indice Poisson Rivière consiste en une pêche électrique durant laquelle les poissons sont identifiés, mesurés et pesés.  Les résultats obtenus sont comparés à une population piscicole attendue dans une situation peu ou pas modifiée par l’homme. Plus l’indice est faible, plus la qualité est bonne. Un IPR élevé indique des conditions physico-chimiques ou morphologiques non compatible au développement de certaines espèces dans le cours d’eau.

NB : La pêche électrique n’est pas une technique intrusive. A la fin de l’identification, les poissons sont relâchés.

L’Indice Invertébrés MultiMétriques consiste aux prélèvements de macro-invertébrés qui sont ensuite identifiés. Ce paramètre permet de noter un cours d’eau en fonction de la polluo-sensibilité des organismes prélevés. Par exemple, si un macro-invertébré très sensible à la pollution est présent en grande quantité dans le cours d’eau, cela signifie que le cours d’eau est en très bon état.

Le suivi hydrobiologique permet de déterminer l’état biologique des cours d’eau en faisant l’inventaire de la vie dans les cours d’eau. L’hydrobiologie est également un bon indicateur pour remarquer la présence de polluants ainsi que les changements physico-chimiques de l’eau.

Des anguilles dans le Cailly ?

Une opération de repeuplement sur le bassin du Cailly a été mené en 2014 par le Seinormigr puisque la rivière possédait les caractéristiques adaptées à la croissance et au développement des anguilles. Environ 130 kg, soit 400 000 civelles (stade juvénile de l’anguille), ont été répartis sur le Cailly et de la Clérette grâce à 25 points de déversements. Des suivis ont été réalisé 6 mois, 1 an et 3 ans après l’opération pour évaluer la croissance et le taux de survie des individus déversés dans les cours d’eau. Le suivi a montré que 11 à 19 % des anguilles ont survécu après 3 ans. Il a également montré une croissance moyenne de 99 mm sur 3 ans pour une taille moyenne de 169 mm.

L’article est consultable et téléchargeable en cliquant sur le lien suivant : http://www.seinormigr.fr/index.php/activites-etudes/111-repeuplements-anguille-etudes